repensonslepresent

Phénix en effervescence

In Contributions, Segments on 06/02/2012 at 21:06

Je tenais absolument à rencontrer Patrick Chamoiseau, que ça soit à Paris ou en Martinique. Il se trouve que cela s’est fait en Martinique, à Saint-Pierre, dans un décor qui porte encore les cicatrices d’une brûlure historique.

Car il y a 110 ans, Saint-Pierre, capitale culturelle, politique et commerciale de l’île, celle qui vibrait sous le rythme effréné des arrivées des navires du monde entier, des représentations théâtrales, de la mode, de la presse, celle que l’on appelait le « Paris des Isles » cessa d’être. Il a suffit d’une poignée d’instants pour que les caprices du volcan de la montagne Pelée imposent le silence à près de 30 000 personnes.

Détrônée de son statut de capitale par Fort-de-France, Saint-Pierre s’est endormie, blessée, et mélancolique.

Mais aujourd’hui, on assiste à l’émergence d’une nouvelle effervescence. Une effervescence créatrice, intellectuelle, qui a pour but d’insuffler un nouveau dynamisme à toute une population, à toute une région. Aux commandes de cette réanimation urbano-philosophique, il y a un écrivain, Patrick Chamoiseau (Prix Goncourt 1992).

L’espoir d’un Saint-Pierre phénix attire et séduit urbanistes, artistes, ingénieurs, politiques et philosophes. Mais comment faire de Saint-Pierre un nouveau pôle attractif ? Cette « métamorphose » pour reprendre le terme d’Egdar Morin, qui est l’un des invités au projet le « Grand Saint-Pierre », ne peut se faire unilatéralement. Elle doit être pluri, inter et intra, avec toujours au centre la population elle-même, c’est-à-dire l’humain.

 

C’est donc, dans cette ville d’Art et d’Histoire que j’ai rencontré Patrick Chamoiseau. Je voulais revenir avec lui, sur des notions qui lui sont chères, à savoir « l’identité-relation », la complexité, et l’ « oraliture ». Cela pour une simple raison, qui est que les problèmes qui se cachent derrière ces notions sont aussi ceux que l’on retrouve en philosophie du temps. C’est le cas du problème de la caractérisation de l’être dans et par la relation : peut-on caractériser le présent dans un système relationnel ? En quoi le présent est-il spécial ? Ce qui renvoie à la question de la réalité du présent : s’il y a effectivement une différence objective entre passé, présent, et futur, quel élément réel me permet d’affirmer qu’il s’agit véritablement du présent ? Et enfin, peut-on exprimer philosophiquement ou physiquement cette différence réelle ?

Nous reviendrons dans un prochain article sur ces questions, et sur les analogies qui existent entre le problème du présent en philosophie et le problème de l’identité tel qu’il se pose dans le débat politique actuel. Mais pour l’instant, voici la vidéo de ma rencontre avec Patrick Chamoiseau, sous le soleil imposant mais courtois de Saint-Pierre :

 

 

Licence Creative Commons
Rencontre avec Patrick Chamoiseau de Céline Ruffin-Bayardin est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé.

Des frontières invisibles

In Contributions on 19/12/2011 at 21:00

Rien ne présageait cette rencontre. Certes l’évènement, « Les portes ouvertes des ateliers d’artistes d’Anvers aux Abbesses »,  est en lui-même une invitation à l’Autre, une invitation qui pas à pas nous conduit dans des espaces où l’imaginaire se  réalise, et où la création s’actualise. Mais j’étais avant tout partie pour agiter quelques un de mes sens…

Ainsi, une carte à la main, j’arpentais ces étroites rues parisiennes, et j’affrontais le froid prétentieux de l’automne. Heureusement ma curiosité et mon désir d’émerveillement me réchauffaient, et me transportaient d’un atelier à l’autre, d’un monde à l’autre. Cette escapade dans les cavernes intimes parsemées entre Anvers et les Abbesses,  prit une autre tournure quand j’entrai dans l’atelier d’Isabelle Dubosc.

"Schwitters / Picasso" - © Isabelle Dubosc / http://www.isabelle-dubosc.com

Cette rencontre hasardeuse qui se trouve être des retrouvailles bien agréables, nous amène à discuter du présent. Sous le regard des toiles intrigantes de cette artiste et docteur en psychanalyse, la discussion s’envole. Il me faut alors absolument capturer et partager ces mots qui s’éparpillent ! Nous parlons de la perception du présent, de la relation entre présent et réalité,  de la nouveauté, du temps de la création, de la déformation de la réalité et du présent chez le malade mental, de la confusion entre l’imaginaire et le réel…

C’est selon le bon vouloir de ma caméra que j’ai réussi à capter quelques moments de cet entretien informel, qui a d’ailleurs occasionné une deuxième rencontre quelques jours plus tard, afin d’approfondir un peu plus certains points.

Voici un aperçu* de l’espace-temps énigmatique de cette femme :

Le meilleur moyen de découvrir le travail, les motivations, et l’univers d’Isabelle Dubosc est d’aller voir son atelier, avenue Trudaine dans le 9ème. Et pour les plus curieux désireux de connaitre l’autre  facette de cette artiste, il est possible de lire sa thèse sur Le « magico–religieux » et la psychose.

Les questions sur les limites, les frontières, et le moment du  passage d’un coté à l’autre,  semblent être au cœur de son travail artistique et universitaire.

Licence Creative Commons
*Rencontre avec Isabelle Dubosc de Céline Ruffin-Bayardin est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transposé.
Basé(e) sur une oeuvre à www.youtube.com.

« Les Chroniques terriennes du temps de l’internet » : Chronique V

In Contributions on 12/06/2011 at 13:29

Voici la dernière des cinq « Chroniques terriennes du temps de l’internet » de Fred Forest

« Chronique V du temps qui va s’arrêter.

Cette chronique sera bientôt disponible …

»

A lire aussi :

« Un présent définitif »

« Les Chroniques terriennes du temps de l’internet » : Chronique I

« Les Chroniques terriennes du temps de l’internet » : Chronique II

« Les Chroniques terriennes du temps de l’internet » : Chronique III

« Les Chroniques terriennes du temps de l’internet » : Chronique IV

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.