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« Les Chroniques terriennes du temps de l’internet » : Chronique V

In Contributions on 12/06/2011 at 13:29

Voici la dernière des cinq « Chroniques terriennes du temps de l’internet » de Fred Forest

« Chronique V du temps qui va s’arrêter.

Cette chronique sera bientôt disponible …

»

A lire aussi :

« Un présent définitif »

« Les Chroniques terriennes du temps de l’internet » : Chronique I

« Les Chroniques terriennes du temps de l’internet » : Chronique II

« Les Chroniques terriennes du temps de l’internet » : Chronique III

« Les Chroniques terriennes du temps de l’internet » : Chronique IV

« Les Chroniques terriennes du temps de l’internet » : Chronique IV

In Contributions on 05/06/2011 at 11:26

Suite des  « Chroniques terriennes du temps de l’internet » de Fred Forest

« Chronique IV du temps qui va s’arrêter.

Article 1

Air de rien, d’une semaine à l’autre, le temps passe et la date que nous avons choisie pour arrêter le temps se rapproche irrémédiablement. Après avoir essayé d’expliquer pourquoi j’ai décidé d’arrêter le temps il faut maintenant que je me mette à penser sérieusement et savoir comment je vais m’y prendre ? C’est pas le tout de multiplier les effets d’annonce, comme le font les politiques avant les élections, Il y a un moment où il faut bien relever ses manches et tenir ses promesses. Qu’on se le dise !

Article 2

Il est temps de commencer à se poser la question de savoir comment on va s’y prendre. Pour arrêter le temps , comme on n’a pas de mode d’emploi à appliquer, vu que c’est la première fois qu’on va tenter l’expérience, on ne sait pas trop a priori comment s’y prendre. Il nous faut, en tout état de cause, commencer par élaborer un plan de campagne solide et tester plusieurs méthodes en ayant recours aux techniques de simulation. Comme nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises un ordinateur &laqno; c’est bête et pas forcément discipliné ». Un ordinateur de la première génération ne se contente de faire que ce qu’on lui a appris. On peut bien sûr mettre dans le coup ( c’est ce que nous allons tenter de faire…) des ordinateurs plus récents de la seconde et troisième génération, mais gare aux conflits de génération qui peuvent s’en suivre… Imaginez qu’au moment où le temps doit s’arrêter les uns tirent d’un côté et les autres de l’autre ? Donc règle d’or, du doigté, de la méthode, de la patience. Qu’on se le dise !

Article 3

La théorie : L’ordinateur (on ne sait pas pourquoi, mais c’est sûr ), doit avoir un rôle spécifique dans l’obtention du résultat que nous recherchons. Ce rôle n’exclut aucunement l’utilisation conjointe d’outils plus archaïques et fondamentaux comme la faucille et le marteau, et beaucoup d’autres encore dont la liste et pratiquement inépuisable.

Le choix de certains de ces objets peut s’avérer incongru aux yeux de quelques internautes non avertis, adeptes du tout high-tech. Il faut prendre la précaution de préciser ici que l’interêt de leur utilisation relève uniquement dans notre esprit de leur intégration et hybridation dans des systémes tout à fait inédits et originaux dont les effets transcendent radicalement les fonctions basiques pour lesquels nous les utilisons d’ordinaire.

Article 4

La pratique : pour illustrer par un exemple la théorie avancée dans l’article 4 qui précéde : prenons celui de la brosse à dents. Son usage premier, comme son nom l’indique, consiste à entretenir l’hygiéne de la cavité bucale. Néanmoins cet usage, sans contre indication médicale impérative, peut s’élargir non seulement à d’autres soins corporels mais aussi à des taches domestiques pour lesquels la brosse à dents n’a pas été conçu à l’origine. Mais ce sur quoi nous voulons mettre le doigt c’est qu’une brosse à dent relier en un systéme électro-mécanique astucieux, connectant à la fois avec des capteurs sensitifs et des turbines maré-motrices peut avoir un effet notable sur la reproduction des vivipares. Et, à ce moment là, la brosse à dent est devenue, effectivement, autre chose… qu’un brosse à dents. C Q F D !

Article 5

Nous sommes donc en situation de devoir inventer notre machine à arrêter le temps ( et non pas à le remonter, comme s’y sont attelés certains… avec le succès que l’on connaît ). Nos travaux, les plans que nous avons déjà finalisés, avant de lancer notre affaire pour le jour du printemps, sont classés bien entendu top secret-défense. Nous savons que la concurrence ( qui n’est pas toujours  » loyale « , hélas… ) a essayé à plusieurs reprises, notamment en tentant de soudoyer le doyen de notre université, de s’emparer de la partie inférieure de l’appareil. Sans succès fort heureusement. Pourquoi la partie inférieure me diriez-vous ? Je dois avouer que nous n’en savons strictement rien malgré l’enquête qui a été confiée à la gendarmerie des Alpes-Maritimes. Et c’est bien cela, précisément, qui nourrit nos inquiétudes. Nous avons donc redoublé de vigilance et multiplié par dix les mesures de sécurité qui concerne la partie inféreure du dispositif qui se compose essentiellement de quatres roues non-motrices comme sur les caddies de super-marché. Nous vous tiendrons au courant de nos investigations. Qu’on se le dise !

Article 6

La partie supérieure de la machine se compose d’un ensemble de composants électroniques organisés temporellement selon un ordre géométrique inverse au carré de l’hypoténus. Les différentes parties rendues solidaires par des courroies amovibles permettent en quelques secondes d’en démonter le systéme qui ne ressemble plus à rien d’autre, alors, qu’à des objets les plus banals. Seul le systéme en phase ( l’esprit de système) fait sens et active les fonctions recherchés qui n’existent pas sans lui parce que 1 + 1 ne fait pas 2, mais 3.

Article 7

Le dispositif d’arrêt du temps que nous avons élaboré et mis au point est tout compte fait une machine relativement simple si ce n’était les facteurs d’impondérabilité qui entrent dans ses paramètres d’indeterminabilité chaotiques conformément à la théorie des fractales. Et sur ce point, au moins, ce n’est ni Derrida a priori, ni Julia a fortiori qui sont en position de me contredire. Qu’on se le dise !

Article 8

Par contre nous sommes bien obligés d’admettre que l’appareillage coûteux que nous allons utiliser ne présente aucune garantie en ce qui concerne le résultat qu’il va produire concrétement. Là c’est le brouillard le plus total. Comment prévoir à l’avance un résultat pour une situation que nul n’a jamais pu expérimenter antérieurement dans toute l’histoire des espéces animales dont nous sommes partie intégrante, quoiqu’on s’imagine et quelques soient nos illusions à ce sujet ? D’ailleurs les souris et les puces, elle-mêmes, de nos ordinateurs n’essayent nullement de dissimuler leur appartenance. Revenons à la fiabilité de notre invention. Nous avons pour seule excuse le fait que nous n’avons aucune possibilité ( et pour cause… ) d’effectuer des essais avant sa mise en oeuvre le 20 mars 1998, le jour du printemps. On verra bien ce qui se passera. Qu’on se le dise !

Article 9

Pour des raisons qui nous appartiennent, nous avons voulu pour des raisons professionnelles d’échanges scientifiques et de bons procédés en usage dans la communauté de la recherche, communiquer, et faire partager, le fruit de nos recherches aux Américains de Digital Equipment installés en France. Le Directeur Général du marketing que nous avons approché ( un homme fort sympathique au demeurant et français de surcroît…) était pleinement d’accord, le service de communication par contre n’a rien voulu savoir. Va comprendre quelque chose Gaston . Qu’on se le dise !

Article 10

Demain il sera trop tard. »

A lire aussi :

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